 |
BERNARD STOESSEL
« Je suis viscéralement et culturellement attaché à l’Alsace, ardent défenseur de ses intérêts et très impliqué dans sa promotion, que ce soit dans notre région, dans notre pays, dans son environnement, dans l’espace rhénan supérieur »
Mercredi 27 janvier 2010 |
M. Bernard STOESSEL, vous avez annoncé il y a peu, que vous alliez vous présenter aux élections régionales. Beaucoup d’alsaciens vous ont vu occuper la fonction de président du Conseil régional par intérim suite au décès d’Adrien ZELLER. Pourriez-vous nous dire quelles sont vos fonctions actuelles au Conseil régional et préciser vos ambitions ?
Le décès d’Adrien ZELLER a amené le premier vice président que j’étais à devenir président par intérim. Aujourd’hui, les élections régionales se présentent devant nous avec un enjeu qui est celui pour moi de la région Alsace. Pas un autre enjeu que celui-là, pas celui des partis politiques nationaux mais celui de faire en sorte que nous puissions servir l’Alsace, la faire sortir des difficultés dans lesquelles la crise économique et financière l’ont plongée.
La disparition d’Adrien ZELLER, a-t-elle pesé sur votre décision de présenter une liste ?
Indiscutablement. Je ne pensais pas, Adrien ZELLER étant encore présent, que j’allais être en situation de conduire une liste pour les élections régionales. J’ai été amené à faire ce choix car je me suis rendu compte que d’autres avaient une vision attachée aux enjeux politiciens nationaux. Pour ma part, je suis viscéralement et culturellement attaché à l’Alsace, ardent défenseur de ses intérêts et très impliqué dans la promotion de l’Alsace, que ce soit dans notre région, dans notre pays, dans son environnement, dans l’espace rhénan supérieur.
Pensez-vous que d’autres que vous peuvent prétendre prendre le relai du travail initié et réalisé par Adrien ZELLER ?
Je n’ai pas de prétentions particulières par rapport aux autres concurrents, sauf celle qui consiste à dire que je suis sincèrement et très profondément engagé dans la défense de l’Alsace avant tout. Contrairement à d’autres, je ne mets pas en priorité la défense des intérêts partisans. Je suis assez choqué par l’attitude de certaines formations politiques et de leurs représentants, qui n’ont visiblement pas le souci premier de l’Alsace en tête. Pour moi c’est l’Alsace qui prime.
Les différentes listes qui se préparent et se présentent laissent à penser que le premier tour n’est qu’une étape avant une recomposition des listes. Avez-vous déjà une réflexion par rapport à ce que pourrait être ce second tour ?
Notre réflexion - car je ne suis pas seul dans cette initiative - est la suivante : la liste que je conduis étant une liste de rassemblement au Centre, notre objectif est d'aller jusqu'au bout. Nous sommes déterminés à faire triompher nos idées et faire de l’Alsace une région plus forte. C’est avec cette ambition là, que nous pouvons y arriver, pas en se posant la question d’éventuels accommodements, d’éventuelles alliances avec les uns ou avec les autres.
Sur le plan économique, on entend parler de la désindustrialisation de l’Alsace, touchée plus que d’autres régions, par la mondialisation et la crise. Que peut faire le Conseil régional pour diminuer les conséquences de cette crise et redonner à l’Alsace la croissance et une position qu’elle avait toujours en tête par rapport aux autres régions françaises ?
C’est vrai que la crise économique que nous vivons et qui s’est doublée d’une crise financière met en danger le tissu économique alsacien. Le Conseil régional sous l’impulsion d’Adrien ZELLER a déjà fait des efforts importants pour donner aux petites et moyennes entreprises les moyens de se développer. Aujourd’hui il va falloir prendre de nouvelles initiatives dans ce sens. Bien sûr, il faut tout faire pour attirer de nouvelles grandes entreprises. Mais il faut surtout faire tous les efforts nécessaires pour apporter aux petites et moyennes entreprises les moyens dont elles ont besoin pour résister et se développer. Bien entendu, dans notre projet, nous développons des propositions précises.
Au niveau de l’enseignement supérieur de nouvelles perspectives s’ouvrent avec l’autonomie des universités. Pensez-vous que la Région aura un rôle à jouer pour favoriser le développement universitaire en Alsace ?
C’est vrai que sans les collectivités locales, sans la Région par exemple, l’université en Alsace, qui relève de la compétence de l'Etat n’aurait pas connu le développement qu’on lui connaît. Nous sommes partisans - cela parait normal mais encore faut-il le dire - d’un rapprochement de l’université de Strasbourg dont les trois composantes ont fusionné récemment, avec l’université de Haute Alsace, pour former l’université d’Alsace. Il s’agit de donner à nos universités et donc à l’université d’Alsace, la taille suffisante pour pouvoir mieux collaborer avec les universités voisines avec lesquelles elles sont déjà regroupées dans un cadre qui s'appelle EUCOR. La coopération transfrontalière dans ce domaine est particulièrement prometteuse pour le développement de la région métropolitaine du Rhin Supérieur dans laquelle l'Alsace doit pouvoir pleinement jouer son rôle.
Pour rebondir sur le caractère rhénan de l’Alsace, pensez vous que vous êtes plus à même de travailler sur cette caractéristique propre à notre région que d’autres listes plus influencées par un tropisme plus parisien par exemple ?
Je partage la vision qui était celle d’Adrien ZELLER d’une « France forte de ses régions ». Ce qui veut dire que la régionalisation est pour nous est un axe essentiel. L’appellation de notre liste ‘Pour l’Alsace’, indique bien que notre choix prioritaire est de donner à notre région les moyens de se renforcer sans avoir à tendre la main, sans avoir à demander l’autorisation au niveau national de prendre des initiatives. Nous sommes très attachés à la notion de « compétence globale » pour la Région parce qu’il faut le Conseil régional puisse continuer à prendre des initiatives novatrices.
Vous parlez de compétence globale. Quelle est la position de votre liste « Pour l’Alsace » en ce qui concerne la réforme des institutions et la fusion annoncée, programmée, et surtout discutée des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ?
Je ne pense pas que nous puissions prévoir une fusion des départements sans que chacun des partenaires de cette fusion ait les garanties nécessaires de pouvoir y retrouver un degré d’autonomie suffisant et d’y ressentir la confiance nécessaire dans l’institution nouvelle qui sera créée. Aujourd’hui je considère pour ma part que l’objectif immédiat doit être de mieux répartir les compétences entre les différents niveaux. Qu’à terme il y ait la perspective d’une assemblée unique me semble quelque chose de raisonnable mais il faut absolument préparer cette évolution.
Certains candidats attisent les peurs de toutes sortes, concernant l’immigration, concernant la diversité, qu’elle est la position de la liste « Pour l’Alsace » par rapport à ces thèmes ?
Pour nous, la question de la diversité concerne à la fois celle de l'identité régionale en France et celle de la diversité en Alsace. Nous militons pour une vraie reconnaissance au plan national du fait régional. Si nous sommes attachés au bilinguisme, au droit local, au statut local des religions, au repos dominical, c’est parce que cela fait partie intégrante de l’identité de l’Alsace et donc de la diversité nationale. Si nous aspirons à la reconnaissance de cette diversité au plan national, il est à mon avis, tout à fait normal et naturel que nous reconnaissions aussi que l’Alsace en elle-même est diverse et qu’elle contient des populations d’origines différentes. Toutes celles et tous ceux ceux qui vivent et qui travaillent en Alsace doivent être, dans le cadre des lois de la République, non seulement respectées dans leur identité mais aussi associées
Même s’il s’agit d’un enjeu régional, est-ce que la liste « Pour l’Alsace » intègre une vision plus globale concernant des thèmes nationaux comme la réforme des retraites par exemple ?
La priorité de notre liste est de répondre aux enjeux régionaux. Mais nous sommes conscients de la nécessité d'intégrer à notre réflexion et de faire comprendre aux Alsaciens l'importance des difficultés qui nous attendent et qui dépassent le cadre régional. L'endettement colossal de l'Etat, le problème ardu des retraites, celui de la préservation de notre environnement en sont des exemples frappants. |